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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 10:28
Le-Treport-Charon

Ma mère, Suzanne FROMENCOURT, a noté l'année : 1912. Elle avait donc 12 ans ou allait les avoir (elle était née le 17 juillet 1900). Elle a d'ailleurs indiqué son prénom sur le cliché (ce que je regrette un peu). On peut penser que les deux personnes à gauche derrière elle sont Auguste PARAY et son épouse Hortense (Hortence sur son acte de naissance) née PICARD, fille de la "veuve PICARD" née SERY - personnage haut en couleur qui tenait un café "A la veuve PICARD" où elle accueillait des matelots; elle y faisait régner l'ordre (pas de paroles grossières, pas de chansons gaillardes - elle n'hésitait pas, paraît-il, à taper sur la table si elle percevait quelque écart de langage ou de conduite). Dans leur magasin, les PARAY vendaient les objets en ivoire d'Auguste, des souvenirs. C'était un petit bazar en quelque sorte. Les PARAY ont traversé la rue pour s'installer à l'hôtel des Bains et (de France ? de Paris ? je ne sais plus). Dans cet hôtel-restaurant, Auguste s'occupait des comptes, de l'accueil de la clientèle, de l'achat et du choix des vins etc. ... Quant à Hortense, elle dirigeait le personnel et les cuisines, n'hésitant pas à mettre la main à la pâte. A cette époque, les officiers-marins, venus notamment du Royaume uni (et ils étaient nombreux dans l'établissement des PARAY) "apportaient la fièvre typhoïde" : ma mère a contracté cette fièvre. Soignée par les religieuses (Soeurs de St Vincent de Paul ou "petites sœurs des pauvres" ? installées à l'hospice près de la chapelle, route de Dieppe ? ? ?), elle leur doit d'être restée en vie. Elle a été malade très longtemps, m'avait-elle précisé, et les bonnes sœurs lui ont déposé quelques gouttes de champagne avec l'aide d'une cuillère, sur les lèvres - le vin médecin -. Elle s'en est tirée ... difficilement. Elle n'est pas retournée chez les PARAY . J'ai lu - je crois dans une biographie de Paul PARAY, écrite par l'une de ses filles - qu'Hortense - à l'instar de sa mère - était redoutée par la clientèle, notamment les officiers anglais. On n'acceptait pas les couples dits illégitimes. Il ne s'agissait pas de sortir le soir au-delà d'une heure précise. Hortense les rappelait à l'ordre.  Ma mère se souvenait bien de Paul :"Il jouait merveilleusement bien du piano" m'avait-elle dit. Mais elle ne m'a jamais parlé de son prix de Rome. Détail amusant : la dernière sœur de ma mère, Geneviève (décédée en 2011) avait épousé Lucien PICARD, fils de Joseph PICARD, coiffeur tréportais (rue de l'Anguainerie), qui affirmait : "nous sommes des petits cousins de Paul PARAY". C'est désormais vérifié. Un certain Jean François PICARD - qui a vécu entre 1760 et 1820 (à peu près) s'est marié 3 fois. Joseph PICARD descend du Ier lit et Hortense du 3ème.
Bernard Charon
 

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